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Beaubourg Hors Les Murs

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Georg Baselitz

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Georg Baselitz, né Hans-Georg Kern le 23 janvier 1938 à Deutschbaselitz (Němske Pazlicy en sorabe, partie de la ville de Kamenz (Kamjenc en sorabe), Saxe), est un peintre et graveur allemand.

Né en Saxe où il a étudié, ce n’est que plus tard qu’il vient vivre en Allemagne de l’Ouest. Sa carrière prend son élan à la fin des années 1980, après que la police intervienne contre un de ses autoportraits (Die große Nacht im Eimer), où il se dépeint en jeune garçon se masturbant.

Baselitz est un des artistes contemporains les plus cotés sur le marché de l’art contemporain. Il est aujourd’hui professeur à la célèbre université des arts de Berlin.

Biographie

Né le 23 janvier 1938 sous le nom de Hans-Georg Kern à Deutschbaselitz (Saxe), dans ce qui deviendrait par la suite l’Allemagne de l’Est ou RDA. Son père était professeur dans une école élémentaire, et la famille vivait dans les locaux de l’école ; dans la bibliothèque attenante, Baselitz a découvert des albums de dessins du XIXe siècle, qui constituent son premier contact avec l’art. Il travailla comme assistant avec le photographe de nature Helmut Drechsler pour d’occasionnelles « photographies ornithologiques ».

En 1950, la famille déménage dans la ville de Kamenz. Baselitz va en cours au lycée local, dont la salle de réunion est décorée par une reproduction de la peinture Wermsdorfer Wald (1859), de Louis-Ferdinand von Rayski. Il lit les écrits de Jakob Böhme. Vers 15 ans, il peint des portraits, des sujets religieux, des natures mortes et des paysages, dont certains avec un style futuriste.

En 1955, il dépose une inscription à la Kunstakademie de Dresde, qui est rejetée.

En 1956, il passe l’examen d’entrée de la Forstschule de Taranth pour y être garde-forestier, et est simultanément admis à la Hochschule für bildende und angewandte Kunst à Berlin-Est. Il étudie la peinture avec les professeurs Walter Womacka et Herbert Behrens-Hangler. Parmi ses amis, on trouve Peter Graf et Ralf Winkler (connu plus tard sous le nom de A.R. Penck). Après deux semestres, il est expulsé pour « immaturité socio-politique ».

En 1957, il est admis à la Hochschule der Künste de Berlin Ouest et poursuit ses études dans la classe de Hann Trier. Il s’immerge dans les théories d’Ernst-Wilhelm Nay, Wassily Kandinsky et Kasimir Malevitch. Il se lie d’amitié avec Eugen Schönebeck et Benjamin Katz.

En 1958, il quitte sa chambre de Berlin Est et s’installe à Berlin Ouest, où il rencontre sa future femme, Elke Kretzchmar. Il réalise les premières œuvres empreintes de son style distinctif, dont les portraits imaginaires Oncle Bernard. Il commence à travailler la série Tête de Rayski. Il visite l’exposition de Nouvelle Peinture américaine au musée d’Art moderne, qui est exposée à la Hochschule der Künste de Berlin.

En 1959, il fait de l’auto-stop jusqu’à Amsterdam, où il admire le Bœuf écorché de Chaim Soutine au Stedelijk Museum. Il s’arrête à Cassel sur le chemin du retour pour assister à la Documenta 2. Il quitte l’atelier de l’école et commence à travailler chez lui.

En 1961, il prend le nom Georg Baselitz en souvenir de sa ville d’origine. Premier voyage à Paris. Baselitz et Schönebeck exposent leurs travaux dans une maison abandonnée et rédigent le Premier Pandémonium en livret d’accompagnement. Ils sont tous deux admis dans la classe de doctorat de Hann Trier.

En 1962, le Deuxième manifeste Pandémonium est rédigé. Baselitz se marie avec Elke Krtezchmar. Naissance de son premier fils, Daniel. Début de l’amitié avec Michael Werner. Il finit ses études à l’Akademie.

En 1963 a lieu la première exposition personnelle de Baselitz à la galerie Werner & Katz, à Berlin, qui donne lieu à un scandale public ; plusieurs peintures sont confisquées pour atteintes à l’ordre public. Deux des œuvres, Die Großer Nacht im Eimer (Grande Nuit sous la Pluie), et Nackter Mann (L’Homme nu) sont saisies par un huissier. Le procès qui s’ensuit se poursuivra jusqu’en 1965, où les peintures lui sont restituées. Un nouveau manifeste est rédigé sous la forme d’une lettre adressée à « Cher M. W ! ». La série « P.D.-Füße » (« Pieds de P.D. ») est terminée.

En 1964, série des « Idoles ». Il passe le printemps à Schloß Wolfsburg et y réalise ses premières gravures à l’eau-forte. Il expose Obéron au premier Salon Orthodoxe de Michael Werner. Début de son amitié avec Johannes Gachnang. À l’automne, Michael Werner expose ses eaux-fortes.

En 1965, il obtient une bourse d’études de six mois pour la Villa Romana de Florence. Il y étudie le graphisme maniériste. À Florence, il réalise les Tierstück (Bouts d’animaux). Première exposition à la galerie Friedrich & Dahlem de Munich. Après son retour à Berlin Est, il travaille jusqu’en 1966 sur le groupe des Héros, qui inclut une composition grand format, Die großen Freunde (Les Grands Amis).

En 1966, son second fils, Anton, naît. Il déménage à Osthofen près de Worms. Avec ses premières gravures sur bois, il réalise une série de peintures vertes aux motifs ruraux, les Frakturbilder (Images fracturées), qu’il poursuivra jusqu’en 1969.

En 1967, il peint B für Larry (B pour Larry).

En 1969, il prend Wermsdorfer Wald de Louis-Ferdinand von Rayski comme modèle, qu’il décline sur un motif inversé.

Dans les années suivantes, il expose régulièrement à la galerie Heiner Friedrich. La plupart de ses travaux sont alors des paysages, axés sur le thème de la mise en abyme. Au musée des Arts de Bâle, Dieter Koepplin expose la première rétrospective de ses travaux graphiques et de ses dessins. À la Galeriehaus de la Lindenstraße de Cologne, Franz Dahlem expose ses peintures « inversées ».

En 1971, il déménage à Forst. Il utilise l’école du vieux village comme atelier, commence à peindre des oiseaux. Pour le foyer de la Clinique Neurologique de Berlin Ouest, il réalise le triptyque Dans la Forêt près de Pontaubert – Seurat. Exposition à la galerie Tobiès & Silex de Cologne.

En 1972, la Kunsthalle de Mannheim expose ses peintures et dessins. Les travaux de la période 1962-1972 sont exposés à la Kunstverein de Hambourg. Participation à la documenta 5 de Cassel. Il loue les locaux d’une usine à Musbach pour y installer son studio. Il exécute une série de peintures avec ses empreintes digitales. Les éditions de la galerie Heiner Friedrich commence à distribuer ses sérigraphies sous la direction de Fried Jahn. Johannes Gachnang expose la série des portraits Amis de 1969 au Goethe Institut d’Amsterdam.

Miquel Barceló

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Miquel Barceló, né le 8 janvier 1957 à Félanitx sur l’île espagnole de Majorque aux Baléares, est un artiste espagnol catalan associé au mouvement néo-expressioniste. Bien que Miquel Barceló se soit initialement consacré à la peinture et au dessin, grâce auxquels il est devenu l’un des artistes contemporains les plus en vue et a obtenu une reconnaissance internationale très jeune2, il s’est également orienté dans le courant des années 1990 vers la sculpture et la céramique comme supports de création artistique alternatifs. Barceló a également reçu deux importantes commandes, l’une pour la réalisation des décorations de la Chapelle Sant Pere de la Cathédrale de Palma de Majorque en 2007 et l’autre de la part de l’État espagnol pour la coupole du Palais des Nations de l’ONU à Genève en 2008.

Depuis quelques années, Miquel Barceló vit et travaille en alternance à Majorque, à Paris, et au Mali sur la falaise de Bandiagara3,4. Il a reçu, en 2003, le prestigieux Prix Prince des Asturies pour les Arts.

Biographie
Formation et débuts

La campagne de Felanitx.

Miquel Barceló, est l’ainé d’une famille de trois enfants5. Son père est issu du monde paysan6 et sa mère Francisca Artigues est une peintre paysagiste qui le sensibilisa à la peinture7. Il passe son enfance et adolescence à Felanitx5. Il est diplômé de l’école des Arts décoratifs de Palma de Majorque en 1973, et, à la même période, fait son premier voyage à Paris où il découvre l’art brut et l’art informel avec notamment les œuvres de Jean Dubuffet, Antoni Tàpies, Jean Fautrier, Wols qui constitueront ses premières sources d’inspiration artistique7,8,9. Il réalise sa première exposition individuelle en 1974 à la galerie d’Art Picarol de Palma de Majorque. Barceló commence en 1975 l’école des Beaux-arts Sant Jordi de Barcelone qu’il ne finira jamais en raison du système académique qu’il accepte mal5, mais il s’intéressera à cette époque aux travaux de Mark Rothko et Lucio Fontana7. De retour à Majorque en 1975, il participe à un collectif conceptuel appelé Taller Llunàtic (qu’il quittera en mars 1978) au sein duquel il participe à des actions contre le gouvernement expirant de Franco7 et co-fonde la revue Neon de Suro3. À cette même époque, il participe aux manifestations écologiques contre les projets immobiliers sur Majorque avec l’occupation de l’île Sa Dragonera10. Après une première exposition à Barcelone en 1977, il commence à intégrer des matières organiques dans ses toiles, ce qui restera tout au long de sa carrière une technique privilégiée8.

En 1978, il réalise un second voyage à Paris où il s’intéresse plus particulièrement aux expressionnistes abstraits américains lors de l’ouverture du Musée national d’art moderne1 et à leur approche de l’action et du geste pictural, ce qui se confirmera l’année suivante lors de sa visite de l’exposition commémorative itinérante des 50 ans du MoMA de New York à Madrid7. Il s’inspirera alors des travaux de Pollock dans ses dernières années11,12, Cy Twombly, Ryman et de Kooning12 pour réaliser de grandes toiles couvertes de peinture abondante selon la technique du dripping, et de matières organiques, exposées aux intempéries et subissant déformations et craquelures.

Les années 1980 : la reconnaissance internationale

Église Notre-Dame du Liban (vue depuis la rue Lhomond) à Paris dans laquelle Barceló a peint sa série sur le Louvre en 1984.

En 1980, il rend visite à Joan Miró dans son atelier5 et part s’installer à Barcelone où il côtoie, au sein d’un atelier communautaire de la rue Cotoners, différents jeunes artistes catalans dont Javier Mariscal, Bruno Fonseca et Luis Claramunt13. Cette époque marque un changement stylistique dans le travail de Barceló, qui revient à une peinture figurative, puis progressivement plus classique, traitant de portraits et natures mortes. L’année 1982 marque un premier tournant dans la carrière de l’artiste. Il entame tout d’abord une carrière artistique internationale en exposant dans la nouvelle galerie Axe Art Actuel à Toulouse, suite à sa rencontre dans l’atelier barcelonais avec le peintre Michel Batlle qui vient de créer la revue Axe Sud et lui propose de faire sa première exposition hors d’Espagne. Lors de cette exposition il fait la connaissance d’Yvon Lambert et de Jean-Louis Froment1. Puis il est invité à la Documenta VII de Cassel1 où il se lie d’amitié avec Jean-Michel Basquiat7. À partir de cette date Barceló est reconnu comme une valeur sûre de l’art contemporain9 qui le classe dans le nouveau courant de « jeunes sauvages ». C’est également en 1982, qu’il entre pour la première fois dans les collections d’un important musée avec l’acquisition de plusieurs œuvres par le Centre d’arts plastiques contemporains de Bordeaux.

Miquel Barceló part alors vivre plusieurs mois à l’étranger pour travailler et s’installe à Naples en 1983. Cette même année, il expose pour la première fois chez Yvon Lambert à Paris où il rencontre Bruno Bischofberger qui achète la plupart des œuvres de l’exposition. Il s’installe dans la capitale française qui constituera dès lors un point d’ancrage permanent dans sa vie et sa carrière1. Le Musée national d’art moderne de Paris acquiert grâce à Robert Calle la toile intitulée Le Jugement de Salomon. Par l’intermédiaire de Basquiat, il rencontre Andy Warhol qui réalise son portrait, et de retour en Italie rend fréquemment visite à Cy Twombly qui habite alors Rome7. L’année suivante, il part pour le Portugal avec son ami Javier Mariscal pour travailler sur de nouvelles techniques de peinture qu’il applique à des marines et des paysages. C’est à cette période qu’il fait la rencontre de Cécile Franken, une jeune hollandaise qui deviendra plus tard sa femme et la mère de ses enfants14,15. Il rentre ensuite s’installer à Paris et investi comme atelier l’église Notre-Dame du Liban dans l’enceinte de l’Institut Curie de la rue d’Ulm, sur la suggestion de Robert Calle alors directeur de l’institut16, pour peindre une série d’œuvres sur le Louvre6. En juin 1984, Bruno Bischofberger, après une exposition à Zurich, devient son marchand exclusif7,1. Barceló réalise une importante série d’expositions individuelles organisée par Jean-Louis Froment et commencée à Bordeaux le 10 mai 1985, puis à Madrid, Munich et pour finir à l’Institut d’art contemporain de Boston en avril 19861, qui l’imposent dès lors comme le chef de file des artistes contemporains espagnols et l’artiste espagnol vivant avec la plus grande projection internationale3.

Miquel Barceló retourne s’installer en 1986 à Majorque au cap Farrutx près d’Artà5. Il travaille à la coupole du Théâtre du vieux marché aux fleurs de Barcelone et crée ses premières « toiles tourbillons ». À New York où il s’installe quelque temps dans Greenwich Village5, il réalise sa première exposition individuelle chez Leo Castelli, l’un des plus importants galeristes d’art moderne et contemporain, marquant ainsi une percée dans le milieu et sur le marché de l’art contemporain mondial9. Il entame alors sa période des « peintures du désert » et de son travail sur la transparence17. Le Musée Reina Sofía acquiert Big Spanish Dinner datant de 19857 et Barceló reçoit à trente ans le prestigieux Prix national des Arts plastiques d’Espagne5.

La falaise de Bandiagara au Mali, foyer du pays Dogon que Barceló découvre en 1988.

L’année 1988 marque un tournant dans la vie et l’œuvre de Barceló8. Il réalise en effet son premier voyage en Afrique en traversant pendant de nombreuses semaines le Sahara depuis Oran en Algérie jusqu’à Gao au Mali avec ses amis Javier Mariscal, Pilar Tomas et Jordi Brio18,7. Il décide alors de prolonger, ce qui sera dès lors un voyage initiatique, en restant de six mois de plus au Mali en pays dogon, au Burkina Faso et au Sénégal7. Il s’installe à Sangha19 sur la falaise de Bandiagara, et durant toute cette période il réalise de nombreux carnets de croquis et d’aquarelles (plus de 3000 feuillets, à raison de 30 à 50 par jour), utilisant des techniques mixtes et des pigments locaux20.

À son retour à Paris, il travaille dans son nouvel atelier de la rue David-d’Angers où il réalise la transition entre la période de ses peintures minimalistes et sa période africaine. Barceló repartira en Afrique durant cinq mois en 1989, en réalisant un voyage en Côte d’Ivoire et au Mali7. De retour de son voyage, il entame pour la première fois une collaboration avec le monde du spectacle vivant en créant les décors et costumes de l’opéra Tréteaux de maitre Pierre1 de Manuel de Falla mis en scène par Jean-Louis Martinoty à l’Opéra Comique le 13 février 1990, perpétuant en cela une longue tradition des peintres espagnols initiée par Picasso. Miquel Barceló passera également cette année-là plusieurs semaines en Suisse à peindre sur les glaciers8, travail cependant sans lendemain. En effet, il est toujours attiré par l’Afrique, où il repart une nouvelle fois pour préparer un important voyage sur le fleuve Niger.

 L’installation en Afrique

Fin 1990, commence un des plus importants voyages en Afrique de Barceló. Ce voyage, méticuleusement préparé21 débute à Abidjan en Côte d’Ivoire où il fait convoyer par bateau un 4×4 depuis Marseille. Il rejoint ensuite par la route Ouagadougou au Burkina Faso, puis Ségou au Mali par les pistes, en pleine confusion politique au moment où Amadou Toumani Touré renverse la dictature de Moussa Traoré22. Là de janvier à mars 1991, il passera plusieurs semaines à construire complètement une pirogue-atelier afin de remonter le fleuve Niger vers le nord-est. Malgré les nouvelles militaires inquiétantes au niveau du gouvernement central et une importante rébellion touaregue qui se déclenche au nord du pays, Miquel Barceló décide de mener à bien son projet et part avec trois maliens de l’ethnie bozo, nomades et pêcheurs du fleuve, le 16 mars 199121. Il effectue une remontée du Niger et du Bani sur 1 400 km en deux semaines, remplissant d’aquarelles et de gouaches de très nombreux carnets de voyage qui seront parmi les plus importants de son œuvre. Il arrive à Tombouctou en pleine révolte touarègue21, puis redescend le fleuve vers Ségou où il restera plusieurs mois à réaliser des tableaux de petit format à partir de ses esquisses. À la même époque en Europe, Robert Calle organise une première rétrospective du peintre au Carré d’art à Nîmes à partir de juillet 1991 et le journal espagnol El País publie le 16 février 1992 un supplément de 24 pages sur les carnets de voyage de Barceló au Mali1.

Au printemps 1992, il épouse Cécile Franken à Majorque qui donne naissance à leur première fille Marcella1. À partir de 1992, il habite en alternance à Paris, à Majorque et au Mali près de Sangha où il crée un atelier-maison sur les sommets du village de Gogoli7 sur la falaise de Bandiagara. Cette année-là correspond également à la publication de Too Far from Home de son ami l’écrivain Paul Bowles, rencontré quelques années plus tôt à Tanger et avec lequel il a maintenu une importante correspondance. Paul Bowles s’est inspiré de la vie de Barceló à Gao au Mali pour le personnage principal du roman23.

La consécration comme peintre contemporain majeur

Barceló travaillant sur des lithographies en 2011

En 1993, Barceló commence ses séries de portraits de ses proches et amis ainsi que des habitants dogons de son village au Mali. Il fait la visite des grottes d’Altamira près de Santander en Espagne, dont les dessins pariétaux préhistoriques renforceront son intérêt pour la peinture en relief et imprégneront ses travaux futurs7. L’année suivante se passera essentiellement à Gogoli où il réalise de nombreux carnets africains et travaille à ses carnets à trous produits par les termites. Une importante rétrospective lui est alors consacrée à Londres à galerie d’art de Whitechapel, puis en 1995 à l’Institut valencien d’art moderne (IVAM) et comme représentant de son pays à la Biennale de Venise7. Cette période de sa vie correspond également à la découverte en Afrique du travail de la céramique par Barceló avec l’aide des artisans de son village. Il en réalisera en 1995 une première exposition à la Galerie Leo Castelli de New York.

L’année 1996 consacre institutionnellement l’œuvre de Barceló avec deux expositions simultanées à Paris au Musée national d’art moderne et à la Galerie nationale du Jeu de Paume regroupées sous le titre Impressions d’Afrique. Il réalise également un voyage en Égypte et travaillera la céramique traditionnelle à Majorque7. L’année suivante il fait un long voyage en Patagonie. En 1998, le Musée d’art contemporain de Barcelone organise alors la plus importante exposition rétrospective de ses œuvres (peintures, dessins, sculptures, céramiques). Barceló part durant l’été à Palerme en Sicile à l’occasion du Festival 1900 où la municipalité lui permet à nouveau d’investir artistiquement une église, Santa Eulalia dei catalani (au nom prédestiné pour un Majorquin), située dans le quartier populaire de la Vucciria et où il va travailler à de grandes aquarelles sur papier journal blanchi, à des dessins al fresco sur les aspérités et dommages des murs de l’église, et mettre en scène de très nombreuses terres cuites réalisées les mois précédents à Majorque24.

Après un nouveau voyage au Mali, l’année 1999 pour Barceló est marquée sur le plan muséal par une importante exposition rétrospective de ses œuvres sur papier au Musée Reina Sofia à Madrid25 et sur le plan créatif par de nombreux travaux de sculpture. L’artiste réalise pour cela deux approches. La première consiste en un travail classique de sculptures de grand format, réalisées dans un ancien entrepôt de la SNCF. D’autre part Barceló continue son travail de céramiste chez Jeroni Ginard à Majorque et débute une collaboration avec Armelle et Hugo Jakubec aux Rairies près d’Angers7. Là il développe des travaux de plus grande envergure, au sens propre, créant des vases gigantesques, véritables sculptures en reliefs d’animaux divers (souvent des poissons), de cranes, de fruits et légumes. Ces terres cuites sont réalisées dans la perspective d’une importante exposition au Musée des Arts décoratifs de Paris qui a lieu en 2000, et rassemble plus d’une centaine de céramiques.

Détail de la paroi de la Cathédrale de Palma de Majorque.

Miquel Barceló réalise un retour à la peinture au cours d’un séjour à La Graciosa aux îles Canaries en mars 2001. Cette période est marquée par des tableaux très vifs et colorés inspirés des fonds marins, des poissons, des vagues qu’il côtoie lors de plongées sous-marines qu’il pratique régulièrement. Il réalise également au printemps de cette année-là l’une de ses sculptures les plus connues, Mobili un énorme crane de singe sur roue en bronze14. Il se voit alors confier la commande d’État pour les décorations d’une chapelle de la Cathédrale de Palma de Majorque. Barceló se consacrera à cet important travail pendant les cinq années suivantes, faisant notamment de fréquents séjours dans l’atelier de Vincenzo Santoriello à Vietri sul Mare près de Naples pour réaliser les maquettes et des céramiques pour le projet7. Durant cette période il exécute également les dessins pour illustrer La Divine Comédie de Dante qui, après une exposition délocalisée sur les quatre îles des Baléares en 2003, sera présentée au musée du Louvre, fait exceptionnel du vivant d’un artiste, d’avril à juillet 2004 en parallèle de l’exposition Dante et Virgile aux enfers d’Eugène Delacroix14. Il reçoit en octobre 2003 le Prix Prince des Asturies pour les Arts, l’une des plus importantes distinctions espagnoles à dimension internationale. L’année 2005 pour Barceló sera consacrée à de nombreux voyages en bateau en Méditerranée tout en suivant l’évolution des travaux de la cathédrale de Palme et une tournée en Amérique du nord où il expose à New York et au Mexique.

Il réalise en 2006 deux projets importants qui dépassent son travail habituel : d’une part il séjourne une longue période au Mali où il donne des cours à des étudiants du Conservatoire des Arts et Métiers Balle Fasseké Kouyaté de Bamako et d’autre part il monte sur scène pour la première fois avec Josef Nadj pour leur spectacle-performance Paso Doble présenté en juillet dans la cour d’honneur du Palais des Papes au Festival d’Avignon14. La fin de l’année est consacrée aux décorations de la chapelle de Palma et plus particulièrement à la réalisation des vitraux. L’inauguration de la chapelle de la cathédrale de Palma de Majorque a lieu le 2 février 2007, en présence du roi Juan Carlos d’Espagne. Suite à cela, ce dernier et l’État espagnol lui confieront la décoration d’une salle de conférence du Palais des Nations à Genève, notamment de son immense coupole de 1500 m2, que l’Espagne souhaite offrir en cadeau aux Nations unies26. Le projet est mené à bien entre 2007 et 2008 pour son inauguration par le roi d’Espagne et Ban Ki-moon le 18 novembre 2008. En 2009, il représente son pays lors d’une rétrospective de ses œuvres des années 2000 au pavillon de l’Espagne de la Biennale de Venise et durant l’été 2010, la ville d’Avignon lui consacre une importante exposition Terra Mare sur trois sites (Palais des Papes, Collection Lambert, et Musée du Petit Palais) notamment dans le cadre du festival27.

John Baldessari

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John Baldessari, né le 17 juin 1931 à National City (Californie) est un artiste conceptuel américain, représensant du courant post-moderniste qui recourt notamment à la photographie.

Biographie

De 1959 à 1968, John Baldessari réalise deux sortes d’œuvres : des peintures narratives, des toiles sur lesquelles des lettres sont peintes, et des Fichues Allégories, des photographies légendées en référence à l’histoire de l’art.

De 1969 à 1977, il réalise des films et des vidéos expérimentaux.

À partir de 1980, il se consacre à la réalisation de tableaux constitués de photographies, d´images cinématographiques qu´il collectionne, recadre, colorise.

Depuis 2000, il ajoute des peintures à ses photo-collages.

Si l’image existe, il n’est pas nécessaire de la reproduire. C’est un poète visuel. Sa sensibilité le rapproche plus de la littérature que de l’histoire de l’art. Son approche d’apporter un sens supplémentaire à des expressions littéraires.

Il souhaite créer un choc par l’assemblage de ces images. Ce contraste devrait être source de magie. Il s’intéresse à des images qui représentent des moments difficiles ou expriment la fragilité des êtres.

Baldessari a reçu de nombreuses récompenses: en 2008 le Biennial Award for Contemporary Art, Bonnefantenmuseum, (Maastricht, Pays-Bas); American Academy of Arts and Letters en 2007; Archives of American Art Medal, (Washington, D.C.); le Rolex Mentor et Protégé Arts Initiative en 2006-2007; le Lifetime Achievement Award, Americans for the Arts, New York en 2005; et de l’American Academy of Arts and Sciences en 2004. Il a reçu le Lion d’or pour l’ensemble de son œuvre lors de la 53e Biennale de Venise, en septembre 2009. En avril 2006 il fût élevé au rang de Doctor of Fine Arts, Honoris Causa, National University, Irlande.1
Techniques

Il n’utilise qu’une partie de ces photographies collectées.

Il réalise un négatif et l’épreuvre est disposée dans un cadre.

Il collectionne plusieurs types d’images : – images de la télévision. Ces images portent un titre et constituent ainsi une banque de données. – images du cinéma choisie car la plupart des gens aiment ces clichés. – images officielles. Elles seront réutilisées en apposant des pastilles de couleur sur les visages.

Il explore les différents formats photographiques en les détournant de leur usage formel. Par exemple, le panoramique est utilisé pour des photographies à l’horizontales. John Baldessari utilise le panoramique pour des images prises à la verticale.
Œuvres
Série Carte de la Californie
Série ville de National City
série = personnalités officielles
Série Composition for Violin and Voices (Male), 1987 – Musée d’Art Contemporain de Lyon
Film Script

Francis Bacon (peintre)

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Francis Bacon, né le 28 octobre 1909 à Dublin et décédé le 28 avril 1992 à Madrid, est un peintre britannique.

Peintre de la violence, de la cruauté et de la tragédie d’où, à ses dires, « l’odeur du sang humain ne [le] quitte pas des yeux »1, l’œuvre de Francis Bacon se déploie en grands triptyques mettant en scène sa vie, ses amis, son admiration pour Velasquez, Vincent Van Gogh ou Picasso, ou par des portraits torturés, comme pliés dans la texture de la toile, de ses amis Michel Leiris, Mick Jagger, etc.

 Biographie
Enfance et formation

Francis Bacon naît à Dublin en Irlande2 de parents britanniques anglais. Le jeune Francis est un enfant maladif, asthmatique, que son père éduque avec rigueur. Ce dernier est éleveur et entraîneur de chevaux. À la déclaration de guerre en 1914, il est affecté au ministère de la guerre à Londres, la famille vit dès lors entre Londres et Dublin. Ne pouvant suivre une scolarité normale, le jeune garçon a un précepteur. Francis Bacon est rejeté par son père lorsque son homosexualité est découverte — une anecdote dit que son père l’aurait renvoyé du foyer familial à l’âge de 16 ans après l’avoir surpris en train d’essayer les vêtements de sa mère. Sa mère lui verse néanmoins une pension régulière qui lui permet de vivre à Londres3.
Les débuts du peintre

Quittant l’Angleterre, Bacon passe plusieurs mois entre Berlin et Paris, où il mène une vie de bohème, exerçant différents métiers dont celui de peintre-décorateur d’appartements. Il réalise dessins et aquarelles. De retour à Londres, en 1928, il expose dans son atelier de Queensbury Mews. Il s’installe comme décorateur et peint ses premières toiles sous la forte influence du surréalisme et de Picasso, dont il a pu admirer les œuvres lors de son séjour à Paris à la galerie Paul Rosenberg. Les dessins d’après Picasso de cette époque, visibles dans ses carnets, montrent ainsi la façon dont Bacon s’en est inspiré, et les similitudes avec le travail de celui-ci.

Bacon est un artiste autodidacte. Parmi ses influences, on reconnaît non seulement Picasso mais aussi Vélasquez, Poussin ou encore Rembrandt. Lors d’un entretien, il affirma que l’influence du surréalisme sur son travail ne provenait pas de la peinture mais des films de Luis Buñuel comme Un chien andalou.

En 1930, le journal The Studio lui consacre un article après l’exposition d’arts décoratifs (meubles, peintures et gouaches) qu’il a organisée dans son atelier. En 1931, il abandonne peu à peu son métier de décorateur pour se consacrer exclusivement à la peinture ; pour survivre il vit de petits métiers. En 1933, il peint Crucifixion qui est reproduite dans la revue Art Now. En 1934 se tient sa première exposition personnelle à la Transition Gallery, qui est un échec. Bacon pense arrêter la peinture. En 1936, il est refusé par l’exposition internationale du surréalisme organisée par André Breton. Il est sélectionné, en 1937, pour l’exposition collective « Young British Painters » avec Graham Sutherland et Victor Pasmore.

Affecté à la défense civile en 1941, déclaré inapte au service militaire, Bacon s’installe un temps à la campagne puis revient à Londres et loue un atelier à Kensington. Il détruit alors tout son travail, ne conservant qu’une dizaine de toiles.
Après la guerre

En 1945, Trois études de figures au pied d’une crucifixion provoque le scandale lors de l’exposition à la Lefevre Gallery. Le tableau, d’une rare violence expressive, choque au lendemain de la Seconde Guerre mondiale où l’on préfère oublier les images d’horreur que celle-ci a engendrées. Ces corps ramassés à l’extrême, tordus et écrabouillés, musculeux, disloqués, ravagés, ces distorsions crispées, ces contractures paroxystiques, ces poses quasi acrobatiques, sont d’abord signes de fulgurances nerveuses et d’un emportement furieux, presque athlétique, plus somatiques que psychologiques de la mystérieuse animalité d’anthropoïde solitaire et désolée qui est en chaque homme. Le tableau est acquis en 1953 par la Tate Gallery.

Bacon part vivre à Monte-Carlo en 1946. Son tableau Peinture 1946 est acheté par le Musée d’art moderne de New York en 1948. Il commence les fameuses séries de « Têtes », s’inspire de Velasquez pour la série des « Papes », et utilise les photographies de Muybridge comme source d’inspiration. Il rencontre le peintre Lucian Freud4 dont il peint un premier portrait en 1951.

En 1952, Bacon expose des paysages inspirées de la Provence et de l’Afrique du Sud, qu’il a visitée pour rendre visite à sa mère, l’année précédente. En 1953, il peint Deux Lutteurs.

En 1954, avec Ben Nicholson et Lucian Freud, Bacon représente la Grande-Bretagne à la XXVIIe Biennale de Venise. En 1955 se tient une première retrospective à l’Institute of Contemporary Arts de Londres. En 1956, il fait un voyage au Maroc.

1957 est l’année de sa première exposition à Paris et de la création de la série des « Van Gogh » inspirée par la vie du peintre et par la destruction de ses toiles pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1958, il signe son contrat avec la galerie Marlborough qui devient son marchand. Les expositions en galeries et les rétrospectives se succèdent à partir de cette date.
7 Reece Mews South Kensington

En 1959, Bacon participe à la Biennale de Sao Paulo. En 1961, sa galerie l’installe dans une maison de deux étages, 7 Reece Mews South Kensington, à Londres. Son atelier est situé à l’étage, dans une petite pièce qu’il ne nettoie jamais et qui s’encombre de tubes de peintures gachés et de livres, revues, journaux, photographies usagées, tachées dont il s’inspire.

En 1964, Bacon peint son premier grand triptyque, Trois études pour une crucifixion, qui est acquis par le musée Guggenheim de New York. Le triptyque devient une des formes conventionnelles de son travail. Il rencontre George Dyer qui devient son ami, son confident et son modèle pour de nombreuses toiles. C’est pendant la première rétrospective de Bacon à Paris, au Grand Palais en 1972, que Dyer se suicide dans leur chambre d’hôtel. Bacon lui dédiera une suite de triptyques.

Influencé par son ami Michel Leiris et par son goût de la violence5, Bacon réalise trois Études pour la corrida en 1969, dont l’Étude pour une corrida n° 2, actuellement conservée au musée des Beaux-arts de Lyon, qui a servi pour l’affiche de la feria de Nîmes en 19926. Jean-Claude Lebenztejn décrit Étude pour la corrida n° 1 comme un tableau où : « Le public dans l’arène paraît comme projeté sur un panneau coulissant7 », tandis que, dans la deuxième version (Étude n° 2), le panneau est blanc et une ombre noire semble flotter7. La violence, mais aussi l’aspect sexuel de la corrida attiraient Bacon, qui la considérait, à l’instar de la boxe, comme « un apéritif merveilleux pour l’amour7 ».

Au long de sa carrière, Bacon affine son style, délaissant les images de violence crue de ses débuts pour préférer « peindre le cri plutôt que l’horreur », prônant que la violence doit résider dans la peinture elle-même, et non dans la scène qu’elle montre.

En voyage à Madrid, Francis Bacon s’éteint en 1992. Son atelier est donné par son dernier compagnon, John Edwards, au Musée d’art moderne de Dublin. L’atelier est photographié, puis déplacé et reconstruit à l’identique.

Francis Bacon fut un artiste prolixe qui a laissé de très nombreux interviews et documentaires audio et video, où il exprime avec clarté et une simplicité touchante ce qu’est pour lui l’art de la peinture.

Il était également connu pour être une figure habituelle du pub londonien The French

Christian Babou

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Babou (Christian Baboulène, dit) (Villeneuve-sur-Lot, 27 juillet 1946 – Paris, 7 mai 2005), peintre français ayant participé au mouvement de la Figuration narrative.

Biographie

Il naît et grandit à Villeneuve-sur-Lot en 1946. Après ses études au Lycée technique d’Agen, il intègre l’École Beaux-Arts de Bordeaux de 1963 à 1969. Il se marie avec Jacqueline Sauvey avec qui il eut deux enfants, Étienne (Émile Parchemin) et Cécil. En 1969, il obtient son diplôme. En 1970, il déplore la mort de son père. Il est membre fondateur de la galerie communautaire Sed Contra de Bordeaux.
De 1971 à 1974 : Résidences de prestige, pour votre mieux être

En 1971, il expose au Grand Palais au Salon de le jeune peinture et se lance pleinement dans la peinture en quittant son emploi de cartographe à la faculté de Bordeaux. Il quitte l’Aquitaine pour Paris avec sa famille et s’installe à Pigalle, Cité du Midi. En 1972 il expose dans trois salons parisiens et à Ceret. En 1973, sa première grande exposition personnelle se passe à la Galerie Rencontres où il y présente ses Résidences de Prestige :

« Si l’on fait une lecture directe de la peinture de Babou et plus particulièrement de sa série sur les résidences, on peut avoir le sentiment de se trouver en face d’un inventaire de la maison française traité avec une précision, une clarté et un goût quasi naïfs. Excellence du rendu, à la fois froid et sensible, impressionnante rigueur dans le jeu chromatique, la mise en place, tout ce qui pourrait composer, en somme, une bonne cuisine picturale ordinaire. C’est à partir de là que la lecture au premier degré aboutit très évidemment à un contresens (…) il a su se servir d’un des média les plus courants, les plus pratiques, les plus séduisants : le catalogue publicitaire qui, en matière d’habitat, se veut à la fois rassurant et culturel (…) Ce véhicule étonnant qu’est le catalogue, Babou en a tiré tous les effets possibles au niveau de la communication. Il a une façon bien à lui, à la fois de s’abriter derrière la fausse objectivité du document et d’agir sur lui par des transformations insidieuses. Ainsi, la grille qui surgit au premier plan, monte du sol et emprisonne l’image. Ainsi le vocabulaire chromatique, si exact et si précis qu’il en devient artificiel. Ainsi le travail plein d’humour et d’intelligence qui est effectué sur l’encadrement (…) »

— Préface de Gérard Gassiot-Talabot

Sa venue à Paris lui fera rencontrer Télémaque, Jacques Monory, Bernard Rancillac, Henri Cueco, Messac, Jean-Luc Parant, Le Boul’ch, Proweller, Moninot, Limérat, Tirouflet, Le Nouëne, Pradel …
De 1974 à 1980 : Ornements, Dômes, Gargouilles

Durant une petite décennie, Babou se penche vers les toits. Sans doute un hommage à son père charpentier récemment décédé. La couleur et la composition changent. À la limite de la neutralité, ses couleurs “baissent” en force pour se concentrer sur la lumière. Souvent axiale, la composition, sans perspective, s’organise sur les valeurs et les tonalités. Il s’installe dans un atelier-logement du XIIIe arrondissement de Paris. C’est en 76 que Christian Babou rencontre Elisabeth Krief. Elle sera son marchand durant une quinzaine d’années. Il exposera, à la Galerie Krief-Raymond huit de ses séries.

Bernard NOËL, La Quinzaine Littéraire, 1976 : «Babou expose -sous le titre «Signes extérieurs»- ses dernières toiles à la galerie Krief. Le vocabulaire de Babou est restreint à la toiture et à ses ornements: ardoises, dômes, pinacles, campaniles, balustrades…, mais le problème posé touche moins à la représentation qu’à la peinture. Seulement, qu’est-ce que la peinture ? Une surface d’illusion, une manière de questionner le visible, une langue, un calcul, un plaisir… La peinture de Babou souffle ces réponses, puis les efface car elle comble, mais quoi ? On serait tenté de dire que jamais gris ne furent si bellement conjugués, et donc que c’est la beauté qui nous comble, mais qui oserait, aujourd’hui, s’arrêter là ? Il doit y avoir quelque chose derrière ces gris, au-dessous : n’est ce pas rien puisque le visible l’annule tout en procédant de lui ? Et ce quelque chose devenu rien tout en assurant notre plaisir, comment en parler ,» Jean-Louis PRADEL, Préface de l’exposition “Lieux du vertige”, 1979 “(…) Si j’aime la peinture de Babou, c’est qu’elle choisit délibérément le péril de conduire les images jusqu’à l’irreconnaissable et la couleur à son ultime seuil de saturation ; c’est qu’elle impose une discipline de travail de compagnon non pas pour édifier je ne sais quels improbables chefs-d’œuvres mais pour aller toujours plus loin, à son seul désir, dans les folies du plaisir de peindre. Contre tous les simulacres, il s’agit de faire de la peinture une réalité lancée comme un défi à des regards qui oseront, à leur tour, s’y aventurer. Rien n’est ici donné pour évident, si ce n’est la peinture sur la toile, tant notre aveuglement y est mis à rude épreuve (…).”

En 1979 il débute une carrière à l’École des Beaux-Arts de Bourges où il enseignera la peinture jusqu’à la fin de sa vie.
De 1980 à 1986 : Ornements animaliers, Surfaces de réparation, Entraves

C’est à cette période qu’il rencontre Bernadette Grandguillot. Il divorce et va vivre deux ans à Bourges. C’est une période de recherche. Trois séries très différentes où l’on sent un art et une facture qui s’affirme.

Patrice DELBOURG, “L’évènement du jeudi” n°3, décembre 84 “(…) A la lisière de l’abstraction, l’espace de l’effort est représenté, presque par effraction, à travers les mailles d’un but, les grillages d’une cage, les cordes d’un ring. Perspectives cavalières pour une trajectoire absolue (…)” Gérard Durozoi, préface de l’exposition Gajac, 2006 : Lorsqu’il aborde les “Entraves”, le jeu se perfectionne encore : entre le visible et le presque imperceptible, le reconnu et l’énigme, la couleur et la forme allusive. Les entraves, aux formes immédiatement repérables et dont la coloration entretient avec la totalité de la surface peinte de subtils rapports de complémentarité, ne sont nommables que par des spécialistes – ou grâce aux titres : Patelonge, licol et trousse-queue, Entraves de saillie et aveugloir -, et leur présence souligne et simultanément refoule celle des animaux à peine distincts du fond. Cette dialectique de la présence-absence, de la manifestation voilée, met en abîme la double question de la visibilité et de la conception mentale : chaque toile, dans ce qu’elle offre à percevoir de manière à la fois scrupuleuse et évasive, ouvre, au-delà de l’espace pictural, sur un autre espace, méditatif et rêveur, qui est celui de la pensée.

En 1984, il se réinstalle à Paris, dans le XIIIe.
De 1987 à 1993 : Bastides

Cette période est marquée par deux événements. L’achat de Loste, une maison en Lot-et-Garonne, qui symbolise un retour au “pays” que l’on retrouve dans sa peinture avec le thème de Bastides. Et le mariage avec Bernadette, couronné de la naissance de son troisième fils, Félix, né en 1988. Son travail sur les bastides porte de nouvelles couleurs, plus ensoleillées, et une composition qui renoue avec la perspective. Un travail où le clair se joue de l’obscur, où le soleil répond aux ombres. Et toujours cet espace “vide” de vie, remplie de valeurs, de tonalités, de tensions, d’équilibres et de lumière.

Bernard Noël, Préface du livre Les sillons du temps, 1991 Des dômes aux bastides, Babou n’a cessé de renouveler la construction de ce labyrinthe de matière et d’air, auquel il donne la forme d’une image par une sorte de politesse qui veut que, plus le risque mental est grand, plus le simulacre de la représentation doit paraître simple. Toutefois, comme le mental ne peut donner que sur le mental, ces images manifestent par leur conception comme par leur harmonie colorée la forte présence de l’invisible : elles le font trembler à la lisière des formes et il leur arrive de le faire fuser dans la vue en récompense, peut-être, de l’attention.
De 1994 à 2005 : Aficion, Turquoises, Clusters

Cette période est marquée par son divorce avec Bernadette et sa rencontre avec Eliz barbosa avec qui il finira sa vie. Mais aussi avec la rencontre de la Turquie, via Osman. D’abord avec Aficion il s’affranchi d’une certaine figure sensuelle qui change d’une traditionnelle évocation de l’érotisme. Patrick Lamarque, 1994 : (…) Il fallut attendre 1993 – plus de vingt ans ! – pour que la première figure humaine se donne à voir. Comme si un tabou coranique était soudain levé. Lorsque la femme fit irruption “Madones” puis “Aficion” ce fut alors l’explosion de corps et de couleurs, comme si un flux longtemps retenu débordait de son lit.

Ses deux dernière séries, Turquoises et Clusters, sont un approfondissement de ses recherches sur la couleur. D’abord avec Turquoise il oppose Lumière à Transparence dont le thème, chapelles byzantines / minarets, est déjà une opposition de forme et de sens.

Bernard Rancillac, catalogue de l’exposition à la Villa Tamaris, 2004 C’est le cas des églises byzantines et minarets d’Istanbul. Le regard doit se jeter à la couleur comme on se jette à l’eau. Pénétrer en force dans la transparence. S’immerger dans la lumière. Il n’a pour se “rattraper” qu’un mince liseré autour du support, révélateur de cette image tant désirée qu’il s’obstine à prendre pour la réalité. Jeux du caché et du montré. Provocation du désir par la manipulation du secret comme pratiquent les femmes musulmanes strictement voilées qui laissent entrevoir un œil ou une cheville. Violence domestiquée. Splendeur étouffée, sourdement entretenue. Tant qu’il demeure quelques miettes de beauté, quelques reflets, le monde sera peut-être sauvé de la barbarie.

Sa dernière série, Clusters, est un parti-pris strict. Le thème et le format est récurrent. D’après les cartes IGN 1/25000, il positionne le centre du village au centre du tableau. Vue du ciel les maisons anciennes, les maisons récentes, les routes, les voies ferrées et les courbes de niveau sont un prétexte à colorer l’espace. Cet étrange retour à la cartographie et à l’absence de perspective nous laissent face aux couleurs savantes, en proie aux questions de l’infini. Peut-on, nous aussi, regarder à la manière des dieux, au-dessus des nuages absents.
Citations

Christian Babou a choisi de figurer après pratiquement un siècle de dé-figuration, mais sans rien négliger de ce qu’ont accompli les peintres de la génération précédente, sans rien  » perdre  » aurait dit Matisse ( » le peintre ne pourra perdre, s’il est sensible, écrivait-il dans De la couleur, l’apport de la génération qui l’a précédé car il est en lui, cet apport, malgré lui. Il est pourtant nécessaire qu’il s’en dégage pour donner lui-même et à son tour une chose nouvelle « ). Sans rien perdre, Babou a creusé son sillon en ne cédant jamais aux effets de mode (il est si facile de jouer le jeu des pseudo-avant-gardes), jusqu’à aboutir à une forme d’expression picturale dans laquelle je suis certain que Matisse aurait vu  » une chose nouvelle « .

Jean-Luc Chalumeau, juin 2004.

La chair de la peinture forme un corps harmonique, qui conjoint le lourd pigment et l’aérienne lumière. Babou ne néglige pas de le doter allusivement d’organes féminins ou masculins, avec ses épis, ses lucarnes, ses harnachements, ses fentes, mais l’humain, chez lui, n’est jamais directement figuré, car le visage lui importe moins que l’activité dont il est le couvercle. Dans cette œuvre discrètement magnifique, et l’une des plus pensées qui soient, l’humain n’est pas une forme, c’est l’ensemble des vibrations qui, en se composant, unissent la chair colorée à la chair grise du regard pour développer l’expansion illimitée de l’espace mental.

Bernard Noël, 1991.