Jean-Christophe Averty

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Jean-Christophe Averty, né à Paris le 6 août 1928, est un homme de radio et de télévision français.

Nombre de ses productions pour la télévision, à partir des années 1960, en font un précurseur de l’art vidéo en France. De telles recherches seront reprises, dans les décennies suivantes, par les groupes de recherche de l’Institut national de l’audiovisuel.

Biographie

Diplômé de l’IDHEC, il débute à la télévision en 1952 (alors la RTF). Depuis, il a signé plus de cinq cents émissions pour la télévision et la radio, abordant toutes les disciplines (fiction, reportage, théâtre, variétés, jazz) pour lesquelles il a reçu un grand nombre de prix (dont un Emmy Award aux États-Unis).

Passionné par Alfred Jarry et la Pataphysique, il devient satrape du Collège en 1990. Il fait sa réputation sur son caractère trempé, son goût de la provocation et son sens de l’innovation télévisuelle. Sa série Les Raisins verts (en 1963) fait grand scandale, notamment en raison de la séquence récurrente dans laquelle un bébé de celluloïd est passé à la moulinette.

Grand connaisseur de jazz, Averty a filmé pendant des années le festival Jazz à Juan. À ce propos, le pianiste Martial Solal lui a rendu un hommage dans une de ses compositions : Averty, c’est moi.

Collectionneur de disques 78-tours (ses « vieilles galettes ») de jazz et de variétés, achetés dans des marchés aux puces à travers le monde, il a animé pendant 28 ans, jusqu’à son ultime éviction en 2006 (sous la présidence de Radio France par Jean-Paul Cluzel) son émission de radio Les Cinglés du music-hall (1 805 épisodes). Pour la partie française de cette émission, il bénéficie des « carnets » d’André Cauzard, confiés par ce dernier qui avait l’habitude de noter au quotidien tous les événements de jazz d’avant-guerre.

Il a aussi réalisé des shows pour la télévision qui lui ont permis de mettre en images, avec son style singulier les plus grands chanteurs francophones dont Yves Montand, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Juliette Gréco, Georges Brassens, Dalida, France Gall, Serge Gainsbourg, Gilbert Bécaud, Guy Marchand, Léo Ferré, Tino Rossi.

Ses créations télévisées font date dans l’utilisation de la vidéo, et de l’utilisation des possibilités techniques, comme mode d’expression à part entière. Averty a beaucoup utilisé l’incrustation de personnages filmés sur fond bleu avec un décor dessiné. Ses techniques d’incrustation vidéo lui permirent également de réaliser un Sapeur Camember d’après l’œuvre éponyme de Georges Colomb, dit « Christophe », ainsi qu’une version de Chantecler, pièce d’Edmond Rostand.

Il fut l’un des derniers réalisateurs salariés de la Société française de production. Depuis la grille de la rentrée de septembre 2006, Jean-Christophe Averty n’est plus audible sur aucune station de Radio France.

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Aurèle Ricard

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Aurèle Ricard dit « Aurèle LostDog », né à Paris le 24 octobre 1963, est un artiste plasticien autodidacte post-industriel français.

Il vit et travaille entre Paris, New York et Shanghai.

 Parcours biographique

Aurèle commence la peinture en 1981. En 1982, il est refusé au concours d’entrée à l’école des Beaux-arts de Paris par César. Aurèle se forme alors seul au gré des rencontres et du hasard. Il trouve dans le mouvement Dada, le Pop Art et l’art des nouveaux réalistes une source d’inspiration. Marcel Duchamp, Tristan Tzara, Andy Warhol, Robert Malaval, Baudelaire, Fernand Léger, Rimbaud, Raymond Hains ou encore Joseph Beuys figurent à son panthéon artistique et poétique. C’est aussi à cette période qu’il découvre, par l’intermédiaire de l’artiste actioniste, Tony Henri Bouilhet1, l’œuvre d’Yves Klein. Fasciné par l’histoire du bleu Klein, Aurèle décide de s’approprier le jaune éclatant du soleil. Dès lors il se met en quête de trouver le moyen de conserver l’intensité lumineuse de l’étoile. En 1985, il met au point le jaune de chrome n°2 qu’il baptise, en hommage à l’International Klein Blue, l’International Aurèle Yellow (IAY). Le brevet de la formule est déposé à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) quatre ans plus tard, en 1989.

En 1986, Aurèle voyage pour la première fois à New York. Là-bas, il vit et travaille avec les Puissances populaires, un groupe de jeunes peintres de rue issu de la figuration libre, qui réunit notamment Fred La Trace et Boredom, devenus respectivement Fred Kleinberg et Mano Solo.

Bob, The LostDog, oeuvre d’Aurèle, collection privée

Une nuit, au détour d’une avenue, il découvre une affiche placée au sommet d’un réverbère : c’est un avis de recherche pour un chien perdu, du nom de Bob, offrant cent dollars de récompense à qui le rapporterait à son propriétaire. L’affiche représente le dessin naïf d’un bull terrier encadré par ces mots : « $ 100 Reward for friendly « Bob » the Bull Terrier wanted2 ». Le poster interpelle le jeune plasticien et s’impose rapidement à lui tel un manifeste. Chaque mot contenu dans cette affiche résonne comme un écho à ce qui structure l’existence de l’homme et de la vie sociale : « Il y avait là, explique Aurèle, tous les éléments de notre vie : l’argent, la quête matérielle ou spirituelle selon les individus, l’affectif, la question de la volonté, du choix, du désir, et surtout l’idée de la perte. Ce chien perdu était comme le symbole de l’homme perdu dans les désordres du monde moderne3. »

C’est donc à partir de cette découverte fortuite qu’Aurèle commença sa quête plastique, artistique, sociale et politique faisant de « Bob le chien perdu » à la fois son double et le véritable fil conducteur de son œuvre.

C’est aussi à cette époque où il rencontre Andy Warhol avec qui il envisage un travail artistique autour de l’image du chien: une série de sérigraphies sur le chien perdu. Mais cette collaboration avorte brutalement suite à la mort d’Andy Warhol, le 22 février 1987. Trois jours plus tard, Aurèle expose à Paris à la galerie Duval Dunner, une représentation de l’affiche du « chien perdu » construite à partir de goudron fondu et de morceaux de métal récupérés sur le chantier du Pont Caulaincourt, alors en restauration. L’exposition en devenant le premier hommage public au pionner du pop-art, annonce la fin de l’art industriel, et le « chien perdu en goudron4 » est baptisé la « Première Œuvre d’Art Post-Industrielle ». La même année, à New-York, il nomme et fonde le Service Industriel du Dollar Artistique (S.I.D.A) et créé la revue Polazine.

En 1988, Aurèle quitte momentanément Paris pour s’installer au moulin de la Caze dans l’Aveyron à Naussac où il crée la fondation I.A.C (Information Antécédent Comportement) (International Aurèle Corporation) : un espace de création et d’exposition en art contemporain. Là-bas, il travaille, entre autres, à la série « S.P.A » (Symbole Pirate Ajouté – Sans Parler des Autres – Sans Prétention Aucune – Saga Protectrice de l’Art) qui montre le parcours du chien Bob, perdu dans l’œuvre des grands de l’histoire de l’art contemporain (Arman, Marcel Duchamp, Raymond Hains, Yves Klein, Bertrand Lavier, Andy Warhol…).

En 1989, la galerie Lara Vincy l’invite à exposer la série S.P.A à Paris. Cette série donnera lieu à un ouvrage intitulé SPA réalisé sur une initiative du critique d’art Pierre Restany rencontré quelques années plus tôt5. Toujours en 1989, Aurèle se lie d’amitié avec Jacques Villeglé qui le met en relation avec la galeriste belge Sabine Wachters chez qui il expose, un an plus tard, une rétrospective qui couvre deux années (1986-1989) de sa production sur l’image du chien Bob. Parallèlement, il participe à plusieurs expositions collectives en France et à l’étranger.

En 1991, il est invité à présenter ses œuvres chez le célèbre marchand d’art et galeriste américain Léo Castelli. Le 22 février de la même année, à Paris, en hommage à Andy Warhol et à Yves Klein, il illumine de jaune l’obélisque de la Concorde en disposant des feuilles de gélatines colorées devant les projecteurs qui entourent le monument. Cette performance donne lieu à un film, Yellow Obélisque, réalisé par l’artiste Yuris Lesnik. C’est aussi à cette époque qu’il commence une collaboration régulière avec la styliste, Agnès b. : fort du succès de l’exposition « Think or Thanks a lot » présentée à la galerie du jour en 1995, Agnès b. lui propose de prolonger l’exposition dans sa galerie tokyoïte, la B. Yourself Gallery. L’année suivante, Aurèle se rend pour la première fois au Japon où il présente « Plein Soleil ». L’exposition devient itinérante et s’enrichit de nouvelles pièces réalisées en direct. Cette expérience donnera lieu à l’exposition « Aurèle » au Musée d’art moderne (MOMA) de Fukuoka (1997).

C’est aussi à cette période qu’Aurèle découvre l’Inde. Il créé en 1996, à Goa, un hôtel qu’il baptise le Ninon de la Caze Hermitage, et lance la construction avec Petr Kavan, d’un atelier de sculptures au sud de l’Inde, à Mamallapuram, dans l’État de Tamil Nadu. L’atelier est mis en fonction en 1998 : une dizaine de personne y travaille en permanence la fameuse pierre de granit bleu. L’année suivante, Aurèle réalise une sculpture monumentale Jungle Big Heart pour l’école des beaux-arts d’Auroville.

En 1999, lors d’un voyage à New York, Aurèle fait la connaissance de la photographe américaine Nancy Goldin, dite « Nan Goldin », chez qui il s’installe et travaille avec sa compagne de l’époque Joana Preiss. Le fruit de cette collaboration triangulaire donne naissance au film La Ballade de l’Amour présenté pour la première fois lors de l’exposition « Dire Aids » au musée d’art moderne de Turin (2000).

En mai 2005, Aurèle participe à la foire internationale d’art contemporain de Shanghai. Il fait la connaissance de Pia Pierre , directrice et proprietaire de la galerie Hong Merchant, qui, suite à l’enthousiasme du public chinois, l’invite à exposer à la seconde session de la foire, en automne. Entre-temps, Aurèle participe à l’exposition collective « Two Europe Two Asia » au musée d’art contemporain de Duolan de Shanghai. La même année, en France, avec la galerie Lara Vincy, il expose à la Fiac de Paris ; il organise une exposition personnelle « LoveLoveLove » à l’espace Michel Klein (Rive Gauche) et participe à deux expositions collectives : « Yo to be Gitan » avec Fred Sathal au Palais de Tokyo (Paris) et « Animalités » au musée des Arts Georges Pompidou de Cajarc (MAGP). Toujours en 2005, Aurèle fonde les éditions I.A.C (Information Antécédent Comportement), et réalise six chiens en bronze laqués du jaune de chrome n° 2 (IAY) dans le cadre d’une commande publique initiée par le musée des Beaux-Arts Denys-Puech de Rodez.

En 2006, outre sa participation à plusieurs expositions collectives, l’artiste expose dans trois foires d’art contemporain internationales (Art Paris, Art first de Bologne, Art Fair de Shanghai) ainsi qu’à la biennale de sculpture urbaine de Shanghai, ville dans laquelle il décide, la même année, d’établir un atelier.

The yellow LostDog d’Aurèle à Art Paris, Grand Palais, 2006

En 2007, en vue de l’exposition universelle (Shanghai, 2010), Aurèle et l’architecte français François Scali présentent le projet atypique d’élever, dans le quartier moderne de Pudong de Shanghai, le chien perdu à l’échelle d’une tour de 80 mètres de haut en résine translucide et lumineuse. « The Yellow LostDog » abriterait un parcours-musée (le LostDogMuseum) ayant pour double vocation de prévenir et d’informer en conservant tout ce que l’homme détruit, perd et a déjà perdu dans sa course effrénée à la modernité : un musée « de la ville perdue et des cités englouties ». L’ambitieuse proposition (4 300 m2 de surface sur huit niveaux) est restée à l’état d’étude.

En 2009, Aurèle est invité par l’État français et de la COFRES (Compagnie Française pour l’Exposition universelle de Shanghai) à participer à l’Exposition universelle de 2010 à Shanghai (« Meilleure ville, meilleure vie ») sur le thème du développement durable et des « nouvelles » technologies de l’environnement en milieu urbain. Pour l’occasion, il crée, à l’aide d’ingénieurs chinois, une sculpture végétale géante : un chien de 4,5 mètres de haut recouvert d’une sélection de plantes dépolluantes (LostDogCo2). « C’est une sculpture de verdure faite de plantes dépolluantes, explique Aurèle. C’est aussi le prototype d’une nouvelle génération d’œuvres d’art actrices de leur propre message6. » Parallèlement, le gouvernement chinois et la ville de Shanghai lui remettent, cette année-là, le prix du sculpteur de l’année à la Art Fair de Shanghai.

En 2010, la sculpture d’Aurèle – le LostDogCo2 – a été présentée du 1er mai au 31 octobre à l’Exposition universelle de Shanghai dans l’atrium du Pavillon français7 au côté des œuvres des trois autres artistes8 retenus pour représenter la France à l’exposition (Zao Wou-Ki, Yan Pei-Ming, Chen Zhen).

Aurèle et The LostDogCO2, sculpture en plantes dépolluantes présentée au pavillon français de l’Exposition universelle de Shanghai, Chine, 2010

La même année, l’artiste ouvre une LostDog Gallery9 dans le lieu Le Passage, un important complexe situé au cœur de la ville de Shanghai dans le quartier des arts de Moganshan.
Œuvre

À une certaine puissance d’affirmation se reconnaît l’artiste Aurèle. Un mot pourrait sans doute définir son rapport au monde qui anime aussi bien son travail que sa vie : l’action. Aurèle a une philosophie et l’affirme : « Action, dit-il, égale satisfaction, silence égale mort ». De ce point de vue, l’œuvre d’Aurèle revêt l’apparence d’une lutte : autant une lutte pour l’art qu’une lutte pour la vie.

Artiste engagé enragé, Aurèle a créé une œuvre qui véhicule un message d’urgence et de résistance face aux fléaux d’une époque et dont le chien perdu en est le symbole. Un message universel, à la fois poétique, social et politique, qui, s’il s’est élargit au fil des années, reste rigoureusement inchangé : de « Bob, the lostDog », le placard arraché sur les murs de New York, à la série SPA (Sans Prétention Aucune), de ses interventions picturales et filmiques sur le Sida aux sculptures monumentales du chien perdu, Aurèle, toujours bien accroché au « radeau de la Méduse », développe, depuis plus de vingt-cinq ans, le même projet radical de transmettre les errances modernes.

Son but : mobiliser les générations présentes et les générations à venir face aux guerres, aux épidémies, aux catastrophes écologiques, aux excès politiques et médiatiques, à la précarité et l’exclusion, aux inégalités, au problème de la surconsommation. Dans le monde d’Aurèle, l’art affronte le réel et devient par là même un véritable « miroir de la modernité ».

Points de vue
« Artiste autodidacte français. Les développements du Pop Art et du Nouveau Réalisme servent de base à son langage artistique. Sur des supports variés il utilise une affichette arrachée aux murs new-yorkais, où, encadrant le dessin d’un chien, on peut lire outre ses caractéristiques physiques et sa date de disparition « $ 100 REWARD FOR FRIENDLY ‘BOB’ the bull terrier ». Ce geste d’appropriation qu’il double d’une reproduction mécanique et en réductions successives de l’affichette donne naissance à la série SPA qui évoque, au-delà du retrait qu’impose à l’artiste l’opération mécanisée, la possibilité objective de la disparition du créateur et de son œuvre. » (Carlos Billot)10
« Avec Aurèle, le hasard objectif à repris à rebours l’aventure monochrome. C’est de la lumière que jaillit le bleu et c’est du vide que naît l’énergie de la voie lactée. » (Pierre Restany, Paris, 10 février 1990)11.
« Je soussigné, Pierre Restany déclare que le dénommé Aurèle correspond parfaitement à la reconstitution historique d’un jeune artiste opérant conceptuellement à la fin du XXe dans la période initiale de la société post-industrielle. » (Pierre Restany, lettre datée du 6 avril 1994)12.
« J’ai l’impression moi aussi que je suis en présence – c’est pas la première fois que ça m’arrive, d’ailleurs c’est pour ça que je le sens – je suis en présence d’une sorte de destinée achilléenne, c’est-à-dire une destinée rapide et vertigineuse… Les risques que prend Aurèle sont pour moi des risques fondamentaux et structurels… qui affectent justement la communication entre les êtres et qui créent un réseau, peut-être parallèle, d’échanges, de contacts et d’émotions. » (Pierre Restany)13
« Aurèle nous fait du bien, il nous fait réfléchir, il nous fait penser, il nous fait rire. Il passe notre époque au Karcher et c’est bien… » (Agnès b., créatrice)14.
« Tant d’énergie, tant de sentiments envers ses proches (y compris envers son chien), et tant de jaune d’or (ma couleur préférée), ne peuvent que m’inspirer le plus grand respect. Si la plupart des gens s’ouvraient avec autant de transparence qu’Aurèle dans leur vie et dans leur travail, l’existence serait autrement plus excitante. » (Gaspar Noé, réalisateur de cinéma)14.
« Un art qui se confond avec son créateur. Il découle de ce travail un formidable condensé de vie, une explosion de couleurs où le jaune prédomine, d’images et de matériaux les plus inattendus. » (Catherine Gaich, conservateur du musée des beaux-arts Denys-Puech de Rodez)14.

John M. Armleder

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John M Armleder est un plasticien suisse né à Genève le 24 juin 1948.

Internationalement reconnu, le travail de John M Armleder est avant tout un essai de transformation du statut de l’œuvre d’art au niveau de sa perception et de sa réception. La complexité des relations qu’une œuvre peut entretenir avec différents milieux et les interactions qu’elle provoque sont au centre de la démarche de l’artiste.

Biographie

En 1969, avec d’autres artistes proches de Fluxus, Patrick Lucchini et Claude Rychner, John Armleder fonde le groupe Écart. Leur ambition est de maîtriser toutes les phases de la production artistique : de la création à la présentation et à la diffusion des œuvres. Aussi fondent-ils en 1973 une galerie d’art également dénommée Écart.

Les performances qu’il met en scène à l’époque sont marquées par l’influence du groupe Fluxus ainsi que par un esprit néo-dadaïste, distancié et ludique. Elles influenceront sa pratique qui joue de l’intégration et de la perturbation des lieux.

Le collage le fait évoluer vers l’abstraction géométrique qui marque ses premières peintures, gratuitement formalistes. Assimilé à la tendance néo-géo, il élabore à partir de 1979 un vocabulaire personnel en mêlant l’abstraction au réemploi de meubles, réalisant des pièces entre sculpture et peinture, les furniture-sculpture. Les références et les emprunts à l’histoire de l’art sont clairement avoués.

Son œuvre volontiers multiple et apparemment désordonnée s’inscrit dans des pratiques diverses. Ironie, détachement et indifférence apparentes offrent des pistes à l’appréhension de ce travail mais aussi une grande jubilation. L’intelligence, la subtilité et la maîtrise des conditions qu’il a lui-même énoncées permettent tous les rebondissements possibles à l’artiste.

Nobuyoshi Araki

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Nobuyoshi Araki (荒木経惟), né le 25 mai 1940 à Tokyo, est un photographe japonais.

 Biographie

Diplômé du département d’ingénierie de l’université de Chiba en 1963, il reçoit la même année le prix Taiyo pour Satchin, du nom du chat d’une petite fille. En 1971, il publie une série distribuée en privé, « Senchimentaru na tabi » (センチメンタル ナ タビ, Voyage sentimental), où sa vie privée, et en particulier son mariage et sa nuit de noces, apparaissent sous la forme d’un journal. À première vue banales, ces photos sont en fait des mises en scène. En 1972, lors d’une performance, le Super-Photo concert, où les photos tirées de cette série sont photocopiées et envoyées par la poste à des destinataires choisis.

Les thèmes de ses photographies sont Tokyo, le sexe et la mort. Tokyo, car c’est sa ville natale. Il considère que la photographie est l’amour du sexe et de la mort. Pour lui, ces deux désirs sont inséparables. Il photographie aussi beaucoup de femmes nues, à commencer par son épouse. Pour lui, la nudité est dans le portrait et non dans le corps. Il photographie aussi des fleurs, métaphore du sexe féminin. Dans son ouvrage Love Hotel, paru en 2004, Nobuyoshi Araki expose les situations qui l’ont poussé à photographier des femmes nues. Par ailleurs, ces clichés étaient réalisés grâce à un Minolta TC-1.

Il indique la date sur chacune de ses photographies. Il signifie que le cliché est un moment du présent, entre le passé et l’avenir.

Il réalise une série de photographies qui se démarque par les déformations apportées aux clichés. En effet, le tirage des épreuves s’est effectué à très haute température. Ensuite, le cliché est refroidi. Ensuite, il est accroché à l’extérieur. Ainsi, il est transformé par la lumière et les intempéries. De ce fait, ses photos sont le produit du temps présent.

Ses travaux lui ont par la suite apporté une grande notoriété auprès du public japonais et international : ses photos, toujours accompagnées de textes sur le mode d’un journal intime et d’un essai, étaient à l’avant-garde des tendances artistiques du moment. Artiste prolifique, il a décliné de nombreuses séries de photos et d’essais, rapidement auréolée d’une atmosphère sulfureuse et de la figure mythique de l’artiste. Après la mort de sa femme, de nombreuses photos de prostituées, de jeunes étudiantes nues, de scènes ouvertement sexuelles ponctuent ses travaux.

Araki a inauguré un genre de démarche photographique inédit, où l’objectif suit au plus près la vie de l’artiste dans une veine auto-fictive agencée avec une grande maîtrise. C’est, avant l’heure, une brèche dans ce médium originellement cloisonné, dont bien des photographes plasticiens ou des artistes contemporains suivront la trace : Sophie Calle, Roman Opalka et d’autres.

En 2004, un documentaire américain sur la vie et le travail de Nobuyoshi Araki a été réalisé par Travis Klose : Arakimentari.

Le 8 avril 2010, sur Arte, dans l’émission Tracks, on apprend qu’il est atteint d’un cancer, ce qui n’atteint visiblement pas sa joie de vivre et de photographier.

Carl André

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Carl André est un artiste plasticien américain, se rattachant au Minimalisme (art), né le 16 septembre 1935 à Quincy (Massachusetts).

Biographie

Fils d’un menuisier des chantiers navals, Carl André est formé dans les écoles publiques de sa ville natale de Quincy (Massachusetts) et à la Phillips Academy à Andover (Massachusetts) (1951-1953) où il étudie l’art sous la direction de Patrick Morgan et devient l’ami du cinéaste Hollis Frampton et du photographe Michael Chapman. Après s’être brièvement inscrit au Kenyon College de Gambier (Ohio), il travaille pour la Boston Gear Works et économise suffisamment d’argent pour effectuer un voyage en France et en Angleterre (1954) durant lequel il découvre les mégalithes de Stonehenge, qui exerceront une influence majeure sur son travail. Il effectue son service militaire dans les services de renseignement en Caroline du Nord (1955-1956) puis s’installe à New York en 1957 où il travaille dans une maison d’édition et fait la connaissance du peintre Frank Stella auprès de qui il étudie la peinture.

Il abandonne progressivement la peinture pour s’orienter vers la sculpture, développant des sculptures sur bois influencées par Brancusi et par les peintures noires de Frank Stella, puis des assemblages de blocs de bois brut. Parallèlement (1960-1964), il travaille comme mécanicien et conducteur pour la Pennsylvania Railroad dans le New Jersey. En 1965, il participe avec Robert Morris, Donald Judd et Larry Bell à l’exposition « Shape and Structures » organisée par Henry Geldzahler à la Galerie Tibor de Nagy à New York. Quelques mois plus tard il réalise sa première exposition personnelle où il expose des assemblages de poutres horizontales en styroforme (matière plastique industrielle).

Dans les années 1970, l’artiste réalise de nombreuses grandes installations comme Blocks and Stones pour le Center for the Visual Arts de Portland (Oregon) (1973). En 1972, La Tate Gallery de Londres fait l’acquisition de son Equivalent VIII (1966), communément appelé The Bricks (Les Briques), qui consistent en 120 briques réfractaires arrangées en rectangle, qui eut un succès de scandale international. Il réalise de plus en plus d’œuvres en extérieur, comme Stone Field Sculpture (Hartford, Connecticut, 1977).

En 1970, il bénéficie d’une exposition personnelle au musée Guggenheim de New York et, depuis lors, il expose régulièrement, soit seul soit en groupe, dans les principaux musées, galeries et centres d’art en Amérique et en Europe, parmi lesquels on peut citer le Laguna Gloria Art Museum à Austin (Texas) en 1978, le Stedelijk Van Abbemuseum à Eindhoven (Pays-Bas) en 1987, le Museum of Modern Art d’Oxford (Royaume-Uni) en 1996 et le Musée Cantini de Marseille (France) en 1997.

André compose également de la poésie concrète, disposant les mots sur la page comme s’il s’agissait de dessins. Ce travail a été présenté en Amérique et en Europe, et dont une importante collection a été rassemblée par le Stedjlik Museum d’Amsterdam.

Car André vit et travaille à New York. Il est représenté par la Galerie Paula Cooper de New York.

En 1986, il fut acquitté du meurtre de sa femme, l’artiste Ana Mendieta. Il est le neveu de l’homme de radio britannique Raymond Baxter, qui a fréquemment défendu son travail.

Œuvre

Carl André installe quatre concepts majeurs dans l’ensemble de son œuvre :
la platitude ;
la sculpture comme lieu ;
la composition modulaire ;
l’emploi de matériaux bruts.

La caractéristique la plus marquante du travail de Carl André est la mise à bas de la caractéristique fondamentale de la sculpture, la verticalité. La sculpture cesse d’être une forme autonome, elle concentre et retient l’énergie qui la constitue donc l’espace devient l’élément essentiel. La sculpture devint lieu : lieu en soi et dans le lieu qui la contient.

Carl André affirme qu’il crée en fonction des espaces de présentation. L’œuvre minimaliste de Carl André se manifeste par la grande simplicité dans l’usage qu’il fait des matériaux bruts. Il n’invente pas de technique ni de savoir-faire particulier reléguant le traditionnel à un autrefois de la sculpture. Le gestuel est donc refusé et l’attention du spectateur se fixe sur le matériau lui-même. Ainsi la sculpture se refuse à seulement occuper l’espace : elle s’en saisit.

Des plaques métalliques industrielles posées au sol constituent depuis le début des années 1970 l’aspect le plus connu de l’œuvre de Carl André. L’artiste réalise ainsi des pièces où la planéité du sol est en parfaite adéquation avec l’aspect plat du matériau. En horizontalisant sa sculpture, l’artiste la définit comme un lieu que le spectateur est d’ailleurs invité à parcourir en marchant dessus (c’est un des points de vue d’expérimentation de l’œuvre).

« Je ne fais, dit-il, que poser la « Colonne sans fin » de Brancusi à même le sol, au lieu de la dresser vers le ciel… »1. Carl André a l’habitude de dire que l’idéal pour lui est une route composée d’une simple juxtaposition d’unités standards de plaques industrielles posées au sol les unes à la suite des autres sans aucune hiérarchie de place ni de volume et où n’importe quel module peut être remplacé par un autre.

Son esthétique s’exprime aussi par la matière et tend à rapprocher la fin et les moyens. On n’y trouve aucun romantisme du geste de l’artisan attelé à sa confrontation avec la matière. Ses sculptures ne sont pas le résultat d’un acte sculptural imprimé au matériau afin de l’infléchir, il y a plutôt une façon de révéler la matière à travers les qualités esthétiques qui lui sont propres. Si le matériau est utilisé usiné dans une forme la plus neutre possible c’est parce que l’artiste respecte la notion de masse, de pesanteur, de densité, toutes des caractéristiques que le spectateur doit pouvoir ressentir naturellement devant ses œuvres. Enfin l’espace qui l’accueille est laissé tel quel et détermine bien souvent la réalisation de la sculpture avec laquelle il fusionne pour constituer l’œuvre entière : autrement dit l’espace est une des composantes de l’œuvre.

En 2011, Carl André obtient le Prix Haftmann, récompense artistique la plus richement dotée en Europe (150 000 Francs suisses, soit 120 000 €), décerné par la Fondation Roswitha Haftmann, une fondation suisse, à un « artiste vivant ayant produit une œuvre de première importance. »

Pierre Alechinsky

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Pierre Alechinsky, né le 19 octobre 1927 à Schaerbeek (Bruxelles), est un peintre et un graveur belge, qui réunit dans son œuvre expressionnisme et surréalisme.

Biographie

Le père de Pierre Alechinsky est un juif russe et sa mère est wallonne. Tous deux sont médecins. Dans les années 1930, Alechinsky étudie à l’école Decroly à Bruxelles, il est un étudiant modéré. On oblige l’enfant gaucher à écrire de la main droite. La gauche, sa meilleure main, les éducateurs la lui laisseront pour les travaux « de moindre importance » : le dessin…

De 1944 à 1948, il étudie l’illustration du livre, la typographie, les techniques de l’imprimerie et la photographie à l’École nationale supérieure d’Architecture et des Arts visuels de La Cambre à Bruxelles. C’est pendant cette période qu’il découvre l’œuvre d’Henri Michaux, de Jean Dubuffet et des surréalistes. Il rencontre et se lie d’amitié avec le critique d’art Jacques Putman, qui consacrera de nombreux écrits à son œuvre. Il commence à peindre en 1947 et fait alors partie du groupe Jeune Peinture belge, qui réunit notamment Louis Van Lint, Jan Cox, et Marc Mendelson.
CoBrA

Pierre Alechinsky devient très rapidement l’un des acteurs majeurs du monde artistique belge de l’après-guerre. Il fonde avec Olivier Strebelle et Michel Olyff dans une maison communautaire, les Ateliers du Marais. Après sa rencontre avec le poète Christian Dotremont, l’un des fondateurs du groupe CoBrA (mouvement créé en 1948, regroupant des artistes issus de Copenhague, Bruxelles et Amsterdam, qui préconise un retour à un art plus provocant, agressif et audacieux), il adhère en 1949 à ce mouvement d’avant-garde artistique, rejoignant Karel Appel, Constant, Jan Nieuwenhuys et Asger Jorn. Il participe aussitôt à la « Première exposition internationale de CoBrA » au Stedelijk Museum.

Pendant la brève existence du groupe, il s’y implique très fortement, organisant des expositions, comme la « Deuxième exposition internationale d’art expérimental CoBrA » au palais des beaux-arts de Bruxelles (1951), et contribuant à la réalisation de la revue « CoBrA ». Le rôle capital que joue pour lui le mouvement CoBrA tient autant aux personnes qu’aux idées défendues : spontanéité sans frein dans l’art, d’où rejet de l’abstraction pure et du « réalisme socialiste », refus de la spécialisation.

Après la dissolution du groupe CoBrA, dont il perpétuera l’esprit (« CoBrA, c’est mon école », a-t-il pu dire), Pierre Alechinsky s’installe à Paris, où il va côtoyer les surréalistes. Il va compléter sa formation de graveur et s’initier à de nouvelles techniques à l’Atelier 17, dirigé par Stanley Hayter. C’est l’époque, à partir de 1952, où il se lie d’amitié avec Alberto Giacometti, Bram van Velde, Victor Brauner et où il commence une correspondance régulière avec le calligraphe japonais Shiryu Morita de Kyōto.
La consécration

En 1954, il fait la connaissance du peintre chinois Wallace Ting, qui aura une grande influence dans l’évolution de son œuvre.

Alechinsky présente, cette même année, sa première exposition personnelle à la galerie Nina Dausset, à Paris. Sa première grande exposition est organisée en 1955 au Palais des beaux-arts de Bruxelles. En 1958, c’est l’Institute of Contemporary Arts de Londres qui accueille ses œuvres (Alechinsky : encres). En 1960, lors de la XXXe Biennale de Venise, il expose au Pavillon belge.

Il abandonne progressivement l’huile pour des matériaux plus rapides et plus souples comme l’encre, qui lui permet de donner libre cours à un style fluide et sensible. Fasciné par la calligraphie orientale, dont la spontanéité l’attire, il effectue plusieurs voyages en Extrême-Orient et tourne en 1955 à Kyōto un film documentaire sur cet art traditionnel japonais (Calligraphie japonaise). Même si La nuit (Ohara Museum of art, Kurashiki – 1952) contient déjà cette inspiration de l’Extrême-Orient par la rencontre entre signe et écriture hors du champ de la couleur, le film Calligraphie japonaise, monté en 1958, témoigne de l’impact de cette découverte sur sa propre technique. Christian Dotremont en a écrit le commentaire et André Souris la musique.

Soutenu par la Galerie de France, il effectue, à partir des années 1960, de fréquents séjours à New York, où il découvre en 1965 une technique qui lui conviendra bien, la peinture acrylique, à laquelle l’initie Wallace Ting. Cette même année, il crée son œuvre la plus célèbre Central Park, avec laquelle il inaugure la peinture « à remarques marginales », inspirée de la bande dessinée2, où l’image centrale est entourée, sur les quatre côtés, d’une série de vignettes destinées à compléter le sens du tableau. L’interaction entre les deux zones est à la fois énigmatique et fascinante.

Toujours en 1965, André Breton, un an avant sa mort, invite Pierre Alechinsky à participer à la Xe Exposition internationale du Surréalisme, « L’Écart Absolu ».

Il illustre le Traité des excitants modernes d’Honoré de Balzac en 1989. Le livre, accompagné d’une postface de Michel Butor est publié par Yves Rivière.

En 1998 La Galerie nationale du Jeu de Paume, à Paris lui consacre une exposition. En 2004, nouvelle exposition au Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, Paris

En 1992, on lui confie la décoration de la rotonde d’accès de l’Hôtel de Lassay à l’Assemblée Nationale3.

En avril 2006, il est fait chevalier de la Légion d’honneur en France.

En 2006, dans Trou (revue d’art) no 16, paraît le travail « Main courante » qu’il a créé spécialement pour cette revue et dont l’édition de tête contient une eau-forte intitulée Temps passé tirée sur des feuilles d’un ancien registre des douanes françaises.

De décembre 2007 à mars 2008, à l’occasion des quatre-vingts ans d’Alechinsky, les Musées royaux des beaux-arts de Belgique de Bruxelles lui rendent hommage à travers une exposition rétrospective de l’ensemble de la carrière de l’artiste.

Lubna Agha

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Lubna Agha est une artiste-peintre sud-asiatique d’origine pakistanaise. Ses toiles sont typiques de l’art islamique moderne, ainsi que de l’art asiatique contemporain.

Elle a exposé ses œuvres dans plusieurs musées et galeries à travers le monde, notamment dans son pays natal le Pakistan et d’autres pays comme la Grande-Bretagne, le Japon, la Jordanie, la Suisse et les États-Unis. Bien que l’art asiatique et islamique contemporain soient caractérisés par la création des tableaux de miniature et de calligraphie, les œuvres récentes de Lubna Agha sont inspirées de l’architecture asiatique et islamique, ainsi que l’artisanat musulman traditionnel comme la sculpture sur le bois, le travail sur le métal et la production du textile.

À travers ses œuvres, Lubna Agha présente d’autres aspects de la culture musulmane reproduits pour la première fois sur toile, reflétant ainsi une nouvelle manière d’inspiration de l’art musulman. Ses peintures sont une découverte de l’artisanat méditatif et décoratif de l’histoire musulmane à travers ses formes d’architecture et motifs de design complexes.

L’art de Lubna Agha est un dialogue avec son histoire personnelle. Son travail se focalise sur les canevas et les travaux à base de bois reflétés à travers les milliers de pixels et formes organiques de ses tableaux qui ne se limitent pas aux constructions rigides de l’héritage islamique traditionnel. Ainsi, ses œuvres reflètent l’art musulman représenté par la mosaïque couverte de tuiles, les sculptures complexes et le travail décoratif sur le métal.

Les tableaux de Lubna Agha font partie des collections artistiques permanentes de la collection asiatique du musée Bradford en Grande-Bretagne, du consulat national des arts au Pakistan et la galerie nationale des Beaux-Arts de Jordanie. Considérée comme un des leaders de l’art sud-asiatique et pakistanais féminin, Lubna Agha a franchi les portes de l’histoire artistique.

Agha vit et travaille à Brookline (Massachusetts, États-Unis).